par FDG Mériel
Beaucoup de monde à la Maison du peuple de Bezons pour un moment de
recueillement à la mémoire de Bernard Calabuig hier matin à 10h. De
nombreux Valdoisiens étaient présents. Patrick Braouezec,
Président de Plaine commune, et Marie-Pierre Boursier, membre du CN, ont assisté aussi à l'hommage que Jean-Michel Ruiz a rendu à notre ami Bernard. Philippe Noël, Secrétaire de la section, et Dominique Lesparre,
Maire de Bezons, ont aussi pris la parole. De nombreux anciens
dirigeants nationaux de la Jeunesse Communistes ont témoigné par leur présence de leur
attachement à ce merveilleux camarade (Jean-Paul Garnier, Stéphane Peu,
Jean-Michel Brun, Tonio Aniesa, Vincent Liechti, Dominique Sanchez et Jean-Michel Ruiz).
Voici l'allocution prononcée par Jean-Michel :
"Chers amis,
Voici l'allocution prononcée par Jean-Michel :
"Chers amis,
Vous vous doutez que ce moment est difficile pour moi.
Je vais retracer le parcours militant de
Bernard en quelques mots ce qui n’est pas facile. Il adhère au PCF et à la JC
en 1973. Il devient rapidement secrétaire fédéral de la JC de l’Aude en 1977 et
il le restera jusqu’à son départ pour la capitale en 1978.
Secrétaire fédéral de la JC du Val
d’Oise en 1980, il entre au Conseil national de l’organisation la même année.
Le secrétaire général est à l’époque Pierre Zarka, qu’il retrouvera plus tard
pour d’autres aventures. Leur lien est très fort et c’est aujourd’hui Pierre qui parle à Aubagne. Je vous
communiquerai son intervention.
Le sens de l’organisation de Bernard a
rejailli sur la JC qui comptait à l’époque plusieurs dizaines de milliers
d’adhérents et qui était au cœur des combats de la jeunesse : Mandela, la
solidarité avec les Palestiniens mais aussi les actions coup de poing à
l’ambassade d’Afrique du Sud ou chez Fauchon, le festival de la contestation… Comme
je l’ai fait remarquer dans mon communiqué, tout un symbole de voir que Bernard
disparait 25 ans jour pour jour après la libération de Mandela, combat qui
avait contribué au développement de la JC en tissant un lien avec l’ensemble de
la jeunesse.
Il termine son action à la JC en 1993.
Cette même année, il devient
secrétaire de la section de Garges dont il est élu municipal depuis 1989. Il
occupe même le poste de président du groupe des élus communistes et apparentés
de 1991 à 1995 alors que notre camarade Henri Cukierman est maire de la ville. Bernard
évoque d’ailleurs dans son livre, l’excellent travail fait par la municipalité
et les regrets de la perte de la ville.
En mars 1996, il devient secrétaire
fédéral du Val d’Oise. Je ne développerai pas cette partie de son activité car
tous ici, communistes ou non, ont pu juger du rôle important qu’il a réussi,
avec les équipes successives, à faire jouer au Parti sur le département malgré
son affaiblissement national. Pour aider le Parti à rayonner, il accepte de
succéder à Jacky Leser comme conseiller général du canton de Bezons. Une petite
parenthèse pour faire part de l’estime et du respect qu’il avait pour Jacky.
J’ai eu la chance de collaborer à son
activité de conseiller général de 2005 à 2008. Le fait qu’il précise à chaque
fois qu’un conseiller général n’est pas l’élu d’un canton mais d’un département
l’a amené à intervenir sur l’ensemble du Val d’Oise.
De la rencontre régulière avec les
syndicats à celle avec les salariés en lutte, des réunions avec les
responsables politiques ou associatifs, naissaient des interventions
percutantes et je suis sûr qu’il a battu le record de motions déposées durant
le mandat amenant même les élus de droite à voter pour la sauvegarde d’EDF ou
contre les délocalisations…
Il a gagné le respect de tous, droite
et gauche confondues, et Didier Arnal, ancien Président PS du CG, m’a envoyé un message dès la nouvelle connue.
Je tiens à souligner que le fait de
« passer la main » sans y être forcé que ce soit pour ce qui est du
conseil général et de secrétaire départemental, prouve son intégrité et que son
investissement est désintéressé sauf pour défendre le communisme.
Je fais le lien ici avec son activité
au sein de la direction nationale de notre Parti. Il devient membre du CN en
1996 et membre de l’exécutif en 2003 avec en charge le secteur Ecole. Il est
arrivé, avec une équipe riche de sa diversité, à produire un travail reconnu
par tous. Le secteur a sorti deux livres, organisé des centaines de débats, des
rencontres de toute la gauche sur le sujet…en fait une vraie vie de secteur. Son
camarade José Tovar souligne que Bernard est arrivé au secteur en précisant
qu’il avait quitté l’école à 14 ans et José souligne : « sa capacité
à prendre appui sur le réel pour se projeter vers l’avenir ». Pour sa part
Roger Martelli rajoute « Au fil du temps, des conversations, des combats
partagés, j’ai découvert ce qui faisait la richesse de cet homme indéracinable
et tranquille. De famille communiste et ouvrière, ouvrier lui-même, il portait
la fierté d’une classe aspirant à la dignité, pour elle et pour toute
l’humanité. Ce garçon que l’école n’avait pas su cultiver avait une telle foi
dans l’avenir que, autodidacte, il était devenu un intellectuel. Comme des
milliers de militants ouvriers y étaient parvenus avant lui. Grandeur du
militantisme et du parti pris communiste..."
Toujours très attaché au Val d’Oise, « une
Fédération atypique » comme il disait, il écrit
dans son livre : « Je fus
le 4ème Secrétaire fédéral du PCF depuis la création du département.
J’y battrai le record de longévité en occupant ce poste durant treize ans. Mon
ami Jean-Michel Ruiz a pris la relève et j’ai toujours beaucoup de plaisir à
m’informer des activités communistes dans ce département au travers de nos
conversations ». Et oui, ces nombreuses conversations où nous échangions
sur tout. Sur Bezons bien sûr comme son appel le soir du 1er tour
des municipales pour savoir si la liste conduite par Dominique Lesparre l’avait
emporté et son soulagement de l’apprendre, sa satisfaction de savoir que la
section de Bezons retrouvait une vraie activité, des nouvelles de ses amis. Nous n’étions pas
toujours d’accord sur la forme, mais en partageant souvent le fond. Comme il m’a
écrit en dédicace à son livre « « Quelques réflexions qui ne te
surprendront pas. Et toujours la détermination à redonner du sens aux mots
Révolution et Communisme, un puzzle que nous avons différemment l’un et l’autre
commencé de construire ». Je me souviens comme il ne voulait pas louper,
depuis son départ à Aubagne, une inauguration de l’Espace 95 à la Fête de
l’Huma. Il était heureux lors de la dernière fête de présenter son livre sur le
stand fédéral et d’échanger d’une façon détendue et fraternelle avec les copains
du Val d’Oise.
Comme l’a titré l’Huma :
« Bernard Calabuig, Communiste jusqu’au bout ». Oui, un vrai
communiste. Il répondait au journaliste de La Marseillaise qui l’interrogeait
en septembre 2014 sur sa rupture avec le PCF : « Je précise tout de
suite que ces ruptures là le sont avec une façon de penser la révolution et le
mode d’organisation qui s’y apparente et pas une rupture avec les militants
communistes pour lesquels j’ai beaucoup de sympathie et, pour un certain nombre
d’entre eux, beaucoup d’affection. Encore moins une rupture avec ce qui fonde
mon idéal et mon engagement, c’est-à-dire le communisme. » Comme l’a écrit
son ami Gilles Alfonsi : « Il a contribué de diverses manières, et
tout particulièrement à
l’Association des communistes unitaires, dont il était
l’un des fondateurs, à faire vivre un altercommunisme ».
A Aubagne, il avait retrouvé des amis
dont Robert Abad et aussi de nouvelles batailles à mener dont celle pour la
gratuité des transports au côté de Magali Giovannangeli. Je cite Bernard : «
La gratuité, c’est une problématique qui divise la gauche, y compris la gauche
radicale. C’est une question qui n’est pas résolue dans le Parti qui se réclame
du communisme. Elle s’inscrit dans ce que j’appelle le droit universel «De
chacun selon ses besoins. »
Bernard était un homme très attachant
et apprécié de beaucoup. Preuve en est ces messages parvenus depuis mercredi de
divers horizons. Du PCF avec les mails ou sms de Isabelle De Almeida,
Présidente du CN, de Jacques Chabalier dont le père avait milité avec le sien,
de la Sénatrice Laurence Cohen qui écrit « Je pense à lui avec beaucoup
d'affection, car j'avais apprécié son contact chaleureux quand je venais d'être
élue secrétaire départementale du Val de Marne, tandis que lui était à la tête
de la fédération du Val d'Oise. Ce premier contact fraternel ne s'est jamais
démenti. Respectueux des idées de chacun, il était à l'écoute et toujours en
réflexion », les messages des Secrétaires départementaux Julien Iborra ou
Elsa Faucillon dont le texto disait « Je suis triste », de
Marie-Pierre Vieu bien sûr avec qui il construisit une liste alternative au
congrès de 2008, de beaucoup de Valdoisiens dont Pierre Barros le Maire de
Fosses dont il appréciait l’anticonformisme et l’engagement progressiste, ou
Alain Lacombe son prédécesseur qui décrit : « cet exceptionnel et
clairvoyant compagnon de lutte tellement humain », des militants de Garges
et de Bezons, des syndicalistes avec l’UL de Bezons, Yann Garrouï ou son ami
Pascal Videcoq. Dans le Val d’Oise, les réactions de tristesse s’élargissent
aux autres responsables politiques : Pierre Sandrini et Pierre Miraslis d’Ensemble,
Patrice Lavaud du PG, Rachid Temal du PS, Dominique Mariette de LO, Rachid Adda
du MRC, Bernard Frederik et bien d’autres.
Je n’oublie pas ses amis, qui sont aussi les miens, de l’ACU,
Pierre Zarka déjà cité avec qui nous avons échangé plusieurs fois depuis
mercredi, Patrick Braouezec qui a appelé tout de suite tout comme François
Asensi. Pour sa part Chantal Delmas est à Aubagne. Un hommage à leur initiative
est aussi en cours d’organisation.
Pour conclure, je souhaiterais dire un
petit mot sur l’homme, celui qui a été et restera mon ami. Que de beaux
souvenirs, de rires partagés, de questions sans réponses. Comme ça m’avait fait
plaisir de le voir si heureux lors de ma venue à Aubagne au côté de Viviane et
de la petite Elsa qui est bien grande maintenant. Il adorait sa famille, ses
enfants, sa tribut comme il disait, il était fidèle en amitié. Nos pensées vont
aux siens, à Viviane, avec qui j’ai échangé jeudi pour lui affirmer l’amitié et
le soutien de tous les communistes Valdoisiens, à ses enfants dont il était
fier.
Il m’a beaucoup appris, en respectant
le fait que je ne sois pas toujours d’accord avec lui même si j’ai partagé globalement
les options qu’il a défendu.
En deux mots, il était un mec bien, un
vrai communiste, un militant qui nous rend fier de toujours l’être. Salut
Bernard, Salut mon camarade, Salut mon ami."
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